Le Real ne craint pas la crise

En moins d’une semaine, Real Madrid va céder plus de 170 millions d’euros pour s’offrir les services de Kaka et de Cristiano Ronaldo. En plein climat de crise, les émoluments de Florentino Perez commencent à faire jaser.
Le Real Madrid va prendre l’accent portugais et un sacré coup à son porte-monnaie. En moins d’une semaine, le club merengue va dépenser près de 170 000 millions d’euros rien que pour s’offrir les services de deux ballons d’Or : celui de 2007, le Brésilien Kaka arraché pour 65 millions au Milan AC et son successeur, le Portugais Cristiano Ronaldo que Manchester United accepte de céder… à 94 millions d’euros.
Des sommes astronomiques au doux parfum de scandale à un moment où la planète s’enfonce dans la crise financière. Le Real se justifie pourtant de rentrer dans ses frais et même de dégager de l’argent avec ses deux nouvelles recrues. C’est vrai si l’on en juge par le rapport de l’agence internationale Weber Shandwick Sport qui estime qu’en « termes d’impact commercial global, Kaka et Ronaldo sont dans la même catégorie que Beckham, à partir du moment où leur image sera contrôlée correctement et où le Real Madrid améliorera ses résultats en Ligue des champions du fait de leur arrivée. » Une affirmation que relaie l’économiste Frédéric Bolotny dans un entretien accordé à Libération : « Kaka ne coûtera rien au Real Madrid » dit-il précisant qu’à l’époque où Zidane s’était engagé avec les Galactiques, le club merengue « avait augmenté de 25% son chiffre d’affaires l’année de son arrivée. »
Les Galactiques nouvelles moutures
Reste que la folie de Florentino Perez – qui n’a décidemment pas de limite puisque le président madrilène lorgne aussi sur Franck Ribéry – soulève une vague de polémique alors que le football espagnol est au bord de la banqueroute. La dette de la Liga s’élève à 3, 4 milliards d’euros selon le quotidien espagnol El Pais et pour Angel Barajas professeur de finance et de comptabilité à l’Université de Vigo et spécialiste de l’économie du football, cité par Reuters, « il faut garder à l’esprit que le football est proche de la maturité en tant qu’activité économique et cela implique qu’il est toujours plus difficile de générer des revenus. »
Depuis son retour aux affaires, Florentino Perez a repris le cours des choses comme ils les avaient laissées en 2006, en grande pompe avec l’idée de bâtir une nouvelle mouture de ses Galactiques. Le président madrilène a peut-être oublié qu’entre temps, la bourse s’est effondrée et qu’un pari sur une flambée des ventes de produits dérivées est quelque peu risqué.